Les organismes communautaires et l’aide alimentaire

Selon l’organisme Banques alimentaires du Québec, 372 064 paniers alimentaires sont distribués chaque mois partout au Québec, dont près de la moitié sont destinés à des familles avec enfants.[1] Provenant de dons, de campagnes de collecte à grande échelle, de récupération des surplus des supermarchés ou d’achats, ces produits alimentaires sont remis, sur une base régulière ou ponctuelle, aux personnes et aux familles à faible revenu qui en font la demande. Cette aide peut être distribuée par des comptoirs alimentaires, des épiceries solidaires, des bons de nourriture ou des paniers santé.

Inscription aux services d’aide alimentaire

Pour s’inscrire à un service d’aide alimentaire auprès d’un organisme, il faut parfois en devenir membre en se procurant une carte de membre, renouvelable chaque année, dont le coût varie entre 5 $ et 20 $.

Certains organismes demandent aussi une preuve de revenu et de résidence afin de favoriser l’accès au service à des personnes les moins bien nanties qui habitent le quartier. Il est donc très important de vérifier la zone géographique desservie par un organisme avant d’y présenter une demande d’aide alimentaire.

Occasionnellement, un service de livraison peut être offert aux personnes à mobilité réduite. Pour en bénéficier, une évaluation de la situation à domicile peut être exigée.

Les banques alimentaires

Aliments disponiblesCoûts

Trouver des organismes dans le Grand Montréal

  • Cannage
  • Pain
  • Pâtes alimentaires
  • Jus et grignotines
  • Quelques légumes 

Gratuit ou

contribution volontaire de 2 $ à 5 $ 

Le plus souvent, c’est sous forme de sacs de nourriture gratuits que sont distribués les aliments recueillis, même si certains organismes demandent une contribution volontaire ou un montant symbolique variant habituellement entre 2 $ et 5 $.

Pouvant contenir du cannage, du pain tranché, quelques légumes, des sacs de grignotines, des boîtes de jus, des pâtes alimentaires, des vinaigrettes, des yogourts ou encore d’autres aliments périssables et non périssables, la taille de ces sacs varie selon le nombre de personnes composant la famille. Par exemple, une famille de deux adultes et d’un enfant obtiendra un sac de provisions proportionnellement plus petit que celui d’une famille ayant plusieurs enfants, mais plus grand que celui destiné à une personne vivant seule.

Bien que les quantités de nourriture reçues ne soient pas toujours les mêmes, il est généralement possible de préparer de 2 à 3 repas pour toute la famille suite à une visite dans une banque alimentaire.

Pour la majorité des organismes, la distribution se fait sur une base hebdomadaire ou mensuelle, c’est-à-dire que les personnes désirant recevoir de l’aide alimentaire doivent se rendre sur les lieux de l’organisme à la période réservée à la distribution pour recevoir leurs sacs. Afin de s’assurer de la disponibilité des paniers, il peut être avantageux de prendre rendez-vous par téléphone avant de se rendre sur place.

À cet effet, Banques alimentaires du Québec constitue un large réseau d’organismes régionaux qui s’occupent de la distribution des denrées, en plus d’offrir des services d’aide alimentaire à la population dans chacune des régions du Québec. Constitué de membres Moisson et Associé, ce réseau approvisionne quelque 1 064 organismes à but non lucratif locaux.

Les membres Moisson sont des banques alimentaires régionales qui jouent le rôle de centres de tri. Ils possèdent des infrastructures importantes et assurent au moins 75 % de la redistribution des produits alimentaires aux organismes locaux, ainsi que 25 % du dépannage alimentaire aux personnes dans le besoin. Il est donc possible de recevoir des paniers d’aliments par  des comptoirs alimentaires mis en place par ces organismes.

Situation urgente

Si vous vivez une situation urgente et que vous êtes temporairement dans l’impossibilité de vous nourrir ou de nourrir votre famille, vous pouvez faire appel au service de dépannage alimentaire d’urgence le plus près de chez vous.

Offert sur une base ponctuelle, ce service, lorsque disponible, permet de répondre aux demandes d’aide alimentaire des personnes vivant un moment difficile, et ce en dehors des plages horaires destinées à la distribution des produits. Lorsque vous faites une telle demande à une banque alimentaire, cette dernière procédera à l’évaluation de votre situation et de vos besoins afin de vous aider à traverser cette période difficile.

Les magasins de nourriture à bas prix

Aliments disponiblesCoûts

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Au choix de la personne:

  • Aliments frais
  • Denrées non périssables

Environ 10 % du coût réel de l'épicerie

Certains organismes en sécurité alimentaire offrent plutôt à leurs usagers et usagères un service d’épicerie solidaire qui se caractérise par la vente d’aliments frais et de denrées non périssables à une fraction de la valeur réelle du panier dans un supermarché. Ces épiceries communautaires à faible coût permettent de choisir soi-même les provisions déposées dans le panier parmi celles disponibles.

Ce fonctionnement est similaire à celui des Magasins-Partage de Noël et de la rentrée scolaire qui vendent des jouets et des fournitures scolaires à petits prix et lors desquels il est possible de repartir chez soi avec des aliments utiles à la préparation d’un bon repas du temps des Fêtes ou afin de remplir les boîtes à lunch des enfants, en échange d’une contribution de 10 % du coût réel de l’épicerie.

Les coupons de nourriture

Aliments disponiblesMontant alloué

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Au choix de la personne dans une épicerie affiliée
  • Entre 30 $ et 50 $ pour une personne seule
  • Environ 20 $ par personne supplémentaire

Si les banques alimentaires et les magasins d’alimentation à bas prix fournissent directement des aliments à la population, d’autres organismes vont privilégier la distribution de bons d’achat pouvant s’échanger contre de la nourriture dans les épiceries participantes.

C’est le cas de la Société Saint-Vincent de Paul qui, en plus de distribuer des produits, offre un service de chèques alimentaires. Opérée par un grand réseau de bénévoles, cette organisation fournit de l’aide alimentaire à Montréal, Laval et dans la MRC de L’Assomption, selon un découpage territorial délimité en fonction du système paroissial. Par contre, ce service n’est pas disponible sur l’ensemble du territoire de ces régions : quelques secteurs ne sont tout simplement pas desservis par une Société Saint-Vincent de Paul, tandis que d’autres offrent de l’aide alimentaire sous forme de sacs de nourriture exclusivement.

Si vous désirez profiter de ce service, une évaluation de vos besoins sera réalisée en fonction de vos revenus afin de s’assurer de votre admissibilité. Le cas échéant, un chèque alimentaire vous sera remis. Dépendant de plusieurs facteurs, le montant de ce chèque est variable. Il se situe ordinairement entre 30 $ et 50 $ pour une personne seule et augmentera de 20 $ par personne supplémentaire composant le ménage.

De plus, il se peut que l’on vous donne un sac d’aliments non périssables afin que votre bon soit principalement destiné à l’achat de produits frais en épicerie. Dans tous les cas, ces montants sont déterminés au cas par cas et peuvent différer d’un point de service de la Société Saint-Vincent de Paul à l’autre.

Si vous ne connaissez pas le nom de votre paroisse et que vous habitez les régions de Montréal ou Laval, il est possible de trouver votre point d’aide en cherchant par code postal sur le site Web : www.ssvp-mtl.org/fr/obtenir-de-l-aide

Les boîtes d’aliments sains

Aliments disponiblesCoûts

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  • Légumes et fruits frais

Bonne Boîte Bonne Bouffe et Boit’appétit (Laval, Lanaudière):

  • 8 $ - Personne seule
  • 12 $ - Couple
  • 18 $ - Famille 

Finalement, il existe une forme de distribution de nourriture consistant en la mise à disposition de paniers de produits frais à bas prix, tels des fruits et des légumes, en provenance de fermes locales. Les services Bonne Boîte Bonne Bouffe ou Boit’appétit, soutenus par plusieurs organismes présents dans les régions de Laval, de Lanaudière et des Laurentides, est certainement l’un des pionniers en la matière avec ces nombreux points de chute où il est possible d’aller récupérer ces paniers santé.

Malheureusement, sur l’île de Montréal, à la suite de l’arrêt définitif de ce service en 2016 en raison d’un manque de financement, très peu d’organismes font de la distribution de produits frais. Parmi eux, Le Sésame offre divers services en matière de sécurité alimentaire et met à la disposition du public des paniers économiques de fruits et légumes frais, permettant d’économiser entre 25 % et 40 % du prix payé en épicerie. Dans le même ordre d’idée, il est également possible, par le biais de l’organisme Équiterre, d’être référé au point de chute vendant des paniers d’aliments biologiques en provenance de fermes locales plus près de votre domicile.

Outre les boîtes économiques de fruits et légumes, d’autres formules existent afin de pallier au problème des déserts alimentaires caractérisé par l’absence de commerces vendant des produits frais à proximité. C’est notamment le cas des marchés extérieurs que sont le Marché solidaire Frontenac, le Marché Saint-Pierre et le Marché fermier du Santropol Roulant qui vendent de bons produits à faible coût et ayant pour objectif d’assurer à la population un accès à des aliments sains dans leur quartier.

Les groupes d’achats alimentaires

Un groupe d’achats, c’est la mise en commun des commandes de provisions de plusieurs personnes et de familles pour permettre à tout le monde d’acheter de la nourriture de qualité. Des économies significatives peuvent être faites, notamment par l’élimination des intermédiaires et à la possibilité d’acheter de plus grandes quantités de nourriture.

De la même façon, le fonctionnement des cuisines collectives permet de partager les coûts des plats préparés en groupe. Se regrouper pour économiser, voilà la solution privilégiée par ces initiatives !

D’autres services liés à l’aide alimentaire

Si l’ensemble de ces services a pour but de fournir de l’aide alimentaire aux personnes à faible revenu du Grand Montréal, les organismes qui les dispensent ont généralement une mission plus large visant l’intégration sociale de leurs usagers et usagères.

C’est dans cette optique que ces services sont souvent accompagnés d’un soutien personnalisé et d’une évaluation globale des besoins.

Du côté de l’aide matérielle, plusieurs endroits sont en mesure de faire des dons ou de vendre à prix modique des vêtements, des articles de maison ou des meubles au besoin.

Pour ce qui est du volet social, l’aide alimentaire constitue une porte d’entrée vers les activités offertes par les organismes, ce qui permet de briser l’isolement et de tisser des liens avec la communauté.

Mais la distribution de denrées n’est pas la seule manière de fournir de l’aide alimentaire. En effet, un grand nombre de ressources communautaires se spécialisent plutôt dans la préparation et la distribution de repas.

De plus, certains services sont spécialisés en regard des clientèles auxquelles ils s’adressent, tels les organismes pour les familles qui offrent des aliments pour les femmes enceintes et les nourrissons.

Certains autres distribuent des produits alimentaires en fonction de leur vocation comme c’est le cas des organismes qui fournissent des paniers de Noël contenant des victuailles traditionnelles destinées aux personnes à faible revenu.

 

 

[1] Les Banques alimentaires du Québec, www.banquesalimentaires.org